Une augmentation de la richesse produite allouée aux actionnaires

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La richesse produite dans un pays donné (le PIB) se partage en plusieurs parts : les salaires, l’investissement et les dividendes versés aux actionnaires. Notre pays, comme la plupart des autres, est caractérisé depuis bientôt trente ans par une baisse très importante de la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée.

Alors que la part de la richesse produite allant aux salariés étaient de 76 % en 1982, elle est passé en 2007 à 65 %. Corrélativement, la part des profits s’est envolée. Si l’on regarde les seuls dividendes versés aux actionnaires par les sociétés non financières, ceux-ci représentaient 3,2 % de leur valeur ajoutée brute (la valeur ajoutée brute à partir de laquelle on calcule le PIB) en 1982 ; ils en représentaient 8,5 % en 2007, soit 5,3 points de plus. Cet évolution est essentiellement liée au fait que l’augmentation des salaires n’a pas suivi l’amélioration de la productivité des salariés. On peut donc dire que stagnation des salaires et enrichissement des actionnaires relèvent du même phénomène.

Ainsi dans un esprit de justice, il est tout à fait envisageable de faire cotiser les profits pour financer l’augmentation des besoins de financement du régime de retraite. Le COR chiffre à 100 milliards d’euros le besoin de financement du système de retraite en 2050, c’est la moitié de ce que l’on pourrait récolter en modifiant d’ici là la répartition des richesses pour revenir à un niveau de rémunération des actionnaires de 1982, et autant que ce qu’on pourrait réunir en revenant au niveau de 1973.

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