Le gouvernement nous dit que l’allongement de la durée de vie met en danger le financement des retraites. Pourtant, en 1960, le ratio était de 4 cotisants pour 1 retraité ; actuellement, il est de moins de 1,8 cotisant par retraité ; et le système de retraite a parfaitement pu financer en 50 ans cette division par deux du nombre de cotisants par retraités. Car dans le même temps, un cotisant en 2010 est environ 4 fois plus productif qu’en 1960. Selon les projections du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), il n’y aura plus que de 1,2 cotisants pour 1 retraité en 2050. Ainsi, l’effort à fournir d’ici 2050 est bien moins considérable qu’au cours des 50 dernières années. Par ailleurs, ce ratio pourrait être augmenté si les carrières professionnelles des femmes étaient encouragées (par des politiques publiques de garde d’enfants notamment) qui dans les projections du COR continuent d’être plus souvent en inactivité que les hommes.
Mais, la dégradation constatée est comme nous l’avons vu surtout liée à la dégradation sans précédent de la part des salaires dans la richesse produite depuis 30 ans au profit des dividendes versés aux actionnaires des entreprises. D’ailleurs, ces déficits se sont accentués avec la crise financière qui a creusé la dette des États partout dans le monde. En 2006 le déficit des régimes de retraite était de 2 milliards d’euros, 4 ans plus tard, il est passé à 32 milliards d’euros.
Une augmentation de la richesse produite allouée aux actionnaires
Une crise économique qui aggrave les déficits sociaux