Le gouvernement a annoncé la « réouverture » du dossier retraites en 2010 et prévenu que l’âge de départ à la retraite sera « mis sur la table sans tabou »… En dépit du bilan négatif des précédentes réformes sur le niveau des pensions et de leur inefficacité pour permettre un financement pérenne, le schéma reste la même : allongement régulier de la durée de cotisation, recul de l’âge de départ à la retraite. L’idée que ces mesures sont indispensables pour prendre acte du vieillissement de la population semble logique a priori. C’est pourtant une fausse évidence, qui joue sur un amalgame et une occultation.
S’il est légitime et nécessaire de s’interroger sur l’avenir à long terme du « système » (voir mon post du 22 février), il est non moins indispensable de trouver à court et moyen terme d’importantes ressources financières pour faire face aux grandes urgences : chômage, dette publique, pauvreté, retraites et protection sociale, investissements de la durabilité.
Le Conseil d’orientation des retraites est intarissable. Il vient de rendre le 11 mai 2010 une nouvelle copie pour estimer les répercussions d’un recul de l’âge de la retraite et/ou d’un allongement de la durée de cotisation. Une fois encore, la lecture qu’on peut faire des résultats est double : ou bien la catastrophe à venir est pire que ce qui était annoncé précédemment, ou bien rien de nouveau sous le ciel sombre des retraites.
La solution au financement des retraites existe et elle figure d’ailleurs en filigrane de tous les rapports du COR. Elle consiste à mettre un terme à la baisse de la part salariale (10 points en vingt ans) dans la valeur ajoutée et à accompagner l’évolution démographique par un relèvement progressif des cotisations sociales.
Après un mois de consultations en trompe-l'oeil, le gouvernement a remis sa copie aux syndicats et au patronat. Ce document d'orientation est précieux, car il renferme toutes les contre-vérités proférées et fausses solutions avancées depuis près de vingt ans.